19.09.2007

Forces de progrès

Le Nouvel Observateur de cette semaine s'interroge gravement: y aurait-il par hasard trop de fonctionnaires dans notre pays?

C'est l'effet Sarkozy: la gauche se pose en 2007 les questions qu'elle aurait dû se poser en 1995. A ce rythme-là nous pouvons espérer un programme à peu près moderne aux environs de 2022. Hold your breath.

14.09.2007

Chaud, chaud, chaud!

On savait que manger trop de viande rouge est mauvais pour la santé. On sait à présent, grâce à une étude publiée dans The Lancet que c'est aussi mauvais pour l'environnement. La consommation excessive de viande génère en effet une multiplication des cheptels, et donc plus de pets bovins qui représentent le quart environ des émissions de gaz à effet de serre. La solution? "Une consommation de viande moyenne limitée à 90 grammes par jour et par personne dans le monde pourrait éviter l'accélération du réchauffement [...] Manger moins de viande rouge contribuerait aussi à améliorer la santé de la population. Powles et les co-auteurs estiment que réduire la consommation de viande réduirait aussi le nombre de maladies cardio-vasculaires et de cancers." Tout bénéf, donc. Mais la route est encore longue, car "selon les experts, il faudra probablement des décennies avant que la population accepte de changer ses habitudes." M'est avis qu'on les y aidera, fortement...

Je ne nie pas, contrairement à de nombreux libéraux, l'existence du réchauffement climatique, non plus que la nécessité de faire quelque chose, sinon pour y rémédier, du moins pour limiter la casse. Je suis moins convaincu, en revanche, par les solutions proposées qui me paraissent essentiellement réactionnaires: on efface les cinquante dernières années et on revient à la Belle Epoque. Le tramway et la bicyclette comme alternatives à la moto et à la bagnole, c'est aussi sérieux et moderne que de troquer un PC contre un abacus. Il est assez comique de voir des gens par ailleurs très progressistes sur les questions sociales et sociétales défendre ainsi la régression et promouvoir un mode de vie, certes écologique, mais passablement ascétique où l'on ne prend pas de bains (il faut économiser l'eau) on ne se déplace que par les transports en commun (sauf l'avion car ça pollue, adieu donc les voyages lointains) on surveille sa consommation d'électricité (le gaspillage d'énergie c'est mââââl) en attendant bientôt de ne plus manger que 90 grammes de viande par jour et pourquoi pas, de devenir végétarien. On me répondra que d'aucuns s'accomodent déjà parfaitement d'un tel mode de vie; j'en ai même parmi mes relations, et je les respecte. Il n'empêche qu'en rester là et l'imposer à l'ensemble de la population me semble une mauvaise idée et, surtout, une solution de facilité et de repli, qui n'est souvent pas neutre idéologiquement. Le problème de la voiture, ce n'est pas la voiture elle-même qui est une incontestable avancée par rapport à la petite reine où à l'entassement dans le métro - le problème de la voiture, ce sont les gaz d'échappement. Une bagnole non polluante, ce doit être possible et ça l'est certainement - mais cela implique de tester, de chercher, d'innover. Tout ce que l'on ne cherche pas à faire actuellement, trop occupés que nous sommes à tenter d'exorciser l'affreuse société de consommation et à faire trois grands pas en arrière sous couvert d'en faire un tout petit en avant.

13.09.2007

Castro est un vilain Meyssan

Après Hugo Chavez, c'est au tour de Fidel Castro de se rallier aux thèses de Thierry Meyssan. Pour le Lider Maximo, décidément mal remis de ses déboires intestinaux, c'est une roquette et non un boeing 747 qui s'est écrasée sur le Pentagone en ce triste mardi de septembre 2001. Et de nous refourguer une nouvelle fois les mêmes arguments béton: "Si l'on étudie l'impact des avions, comme ceux qui ont touché les Tours jumelles, ou comme ceux qui se sont accidentellement écrasés sur des villes densément peuplées, on peut en conclure que ce n'est pas un avion qui s'est écrasé sur le Pentagone. [...] Seul un projectile est en mesure d'avoir provoqué ce cratère de forme géométrique qui est soit disant dû à un avion."

Décidément Georgie s'est trompé d'invasion...

Vous avez dit "pensée unique"?

Parmi tous les mythes dont se gobergent les pensionnaires de la Madhouse, il en est un qui revêt un caractère tout à fait particulier: celui du pluralisme. Les Français sont en effet convaincus d'être une nation d'esprits libres et d'opinions hétérodoxes, et c'est en dressant le spectre de l'uniformité que l'on parvient à convaincre les masses que les deniers publics doivent servir à renflouer des organes de presse condamnés par le marché aussi bien que par l'histoire.  Toutes les opinions, tous les courants de pensée, doivent être représentés, même si eux-mêmes ne représentent pas grand-monde.

Tout cela est bel et bon mais, comme tous les mythes nationaux, complètement bidon. La France est sans doute la plus massifiée idéologiquement et intellectuellement de toutes les sociétés dites ouvertes, au point qu'on se demande si elle mérite encore ce qualificatif poppérien. Il suffit d'ouvrir n'importe quel journal, de se brancher sur n'importe quelle station de radio ou chaîne de télévision pour constater l'existence d'une vulgate, d'une pensée unique sur laquelle droite et gauche ne font qu'exécuter de timides variations. On y trouve une quantité de vaches sacrées et de tabous proprement stupéfiante, de la laïcité au service public en passant par l'égalité des chances, le réchauffement climatique ou le droit au logement. Autant de sujets qui ne souffrent aucune contestation, pour la bonne raison qu'il n'y en a pas, ou si peu et si soigneusement ignorée. Et voilà comment on se retrouve avec ces experts professionnels, ces invités permanents qui font semblant de débattre sur des questions dont la "bonne" réponse est connue d'avance.

Cette doxa comme toutes les autres repose sur un lavage de cerveau permanent, d'autant plus efficace que ni ceux qui l'administrent ni ceux qui en sont victimes ne le conçoivent comme tel. Tout le monde trouve tout à fait normal que l'on enseigne les "valeurs citoyennes" dès les bancs du cours préparatoire, que les journalistes proposent "leur" vision de l'actualité, que les fictions du mercredi soir fassent du "social", que la frontière entre documentaire et propagande se fasse de plus en plus floue, et que l'Etat dise l'histoire par le biais de lois mémorielles. Bref, tout le monde trouve normal que la liberté de penser soit en fait le plus souvent une liberté de bien penser, et le citoyen un mineur à vie auquel il faut constamment montrer le droit chemin de peur qu'il ne se perde.

C'est pourquoi l'Etat comme une bonne partie de la société redoutent ce phénomène incontrôlable qu'est l'Internet qui permet à toutes les opinions d'exister et de trouver une audience; qui permet aussi de chercher l'information ailleurs qu'aux sources habituelles. Avez-vous remarqué comment une même nouvelle trouve un sens, et une dimension, tout à fait différents selon qu'elle est retransmise par l'AFP ou par Reuters, par Le Monde ou par le Times? Avez-vous remarqué, aussi, comme certaines informations qui font les gorges chaudes des médias étrangers sont peu ou pas relayées par les nôtres, ou alors avec beaucoup de retard (pensez à Pétrôle contre Nourriture...) Il y a de bonnes raisons de se méfier ou de craindre Internet, mais il en est aussi pour l'aimer, et en voici une.

Au commencement...

Me voici donc de retour dans la blogosphère libérale francophone, après x mois de silence procrastinatique, et pour bien marquer qu'il s'agit d'un nouveau départ, je lance un nouveau blog avec un nouveau titre. Mais rassurez-vous (ou non, selon le point de vue) les idées, elles, sont toujours les mêmes.

Pourquoi Welcome to the Madhouse? Eh bien parce que ce pays me fait de plus en plus l'effet d'un gigantesque asile psychiatrique, géré par les malades eux-mêmes, et où pratiquement toutes les névroses sont représentées, le pire étant que les pensionnaires se croient parfaitement sains d'esprit et s'imaginent que c'est le reste du monde qui a les boyaux de la tête qui se touchent. Je m'inclus du reste parmi ces allumés, parce que tout de même il faut être un brin zinzin pour être libéral en France, et perdre son temps à le faire savoir via un blog alors qu'il y a tant de choses plus intéressantes et importantes à faire, comme essayer de vider l'eau de la mer par exemple, ou repeindre le Mont Blanc. Mais bon, on ne se refait pas, hein.

Bienvenue donc à la Maison de Fous. Camisole de rigueur, bien entendu. 

Toutes les notes